7 avr. 2012

An Education

Film britannique

Date de sortie: 2009

Réalisé par: Lone Sherfig

Avec: Carey Mulligan, Peter Sarsgaard, Alfred Molina...

Durée: 1h35

Genre: Drame

Synopsis: 1961, Angleterre. Jenny a seize ans. Élève brillante, elle se prépare à intégrer Oxford. Sa rencontre avec un homme deux fois plus âgé qu'elle va tout remettre en cause. Dans un monde qui se prépare à vivre la folie des années 60, dans un pays qui passe de Lady Chatterley aux Beatles, Jenny va découvrir la vie, l'amour, Paris, et devoir choisir son existence.



Début des années 60, à la veille de la révolution sociale qui va bouleverser les mœurs. Jenny est une adolescente de 16 ans, intelligente et curieuse, qui se destine à entrer dans la prestigieuse université d’Oxford. Son quotidien semble monotone, partagé entre ses études, son violoncelle et son père qui ne semble pas prêt à payer des études coûteuses à sa fille. C’est dans ce contexte qu’elle a développé un sens de l’humour détonant, qui ne plaît pas forcément à tout le monde mais qui nous fera sourire à bien des moments dans le film.

Son destin va être bouleversé le jour où elle rencontre David, un homme charmant d’une trentaine d’année, qui lui propose de la raccompagner chez elle alors qu’elle est trempée par la pluie. Cette rencontre, fortuite, aurait pu s’arrêter sur ce simple échange entre deux inconnus. Mais ils finiront par se revoir, et de fil en aiguille, David et Jenny tombent amoureux. N’avons-nous donc qu’une banale histoire d’amour entre une adolescente et un homme plus âgé ? Non, le scénario ne se base pas que sur cela. A travers cette histoire que l’on pourrait trouver déplacée (même si romantique) de nos jours, on assiste à l’émancipation d’une adolescente, à la folie d’une époque et à la suprématie des études.

Jenny découvre grâce à David les mondanités et les frivolités de l’époque. Il devient son passe pour sortir de son quotidien monotone et de sa condition sociale. Elle oublie ses rêves d’Oxford, obnubilée par ce que cet homme lui promet. Même ses parents et ses amies sont charmés par David, et poussent Jenny à se marier avec lui. Cela résoudrait les problèmes d’argent pour financer Oxford, et cela fait romanesque. On sent l’importance de l’argent et des classes sociales ; on sent poindre les prémices du féminisme à travers les personnages de la professeure et de la directrice.

On suit la transformation de Jenny qui passe des petites jupes plissées d’écolière aux robes de femme, prise dans une sorte de rêve éveillée. Mais le prince charmant n’existe pas, et elle l’apprendra à ses dépens. Le retour à la réalité est toujours difficile, mais ainsi on bouclera l’égarement d’une jeune fille qui finira par étudier. Car c’est ça le message important : si vous voulez vraiment réussir, étudiez dur. On le voit à travers l’opposition du personnage de Jenny, intelligente, et celle d’une amie mondaine, qui ne pense qu’à s’acheter de nouveaux habits, qui ne connaît rien au monde en dehors de sa propre condition. Soit vous devenez une poupée qui suit son Ken, soit vous devenez indépendante, avec un cerveau. Telles sont les deux choix qui s’offrent à vous dans ce film.

L’histoire semble intéressante, pourtant aucune prise de risque n’est prise et on ressort avec un film aux tons fades. La réalisation est plate, se contentant de nous montrer les scènes de manière bien trop académique. Le message est clair, mais pourquoi ne pas avoir poussé plus avant le sujet de la condition féminine ? On a l’impression d’assister à un reportage sans grand intérêt. Ce qui relève le niveau, c’est la prestation des acteurs, en particulier de Carey Mulligan, convaincante dans son rôle.


Au final, on a droit à une histoire sympathique, mais dans laquelle on n’entre pas du tout.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire