2 janv. 2013

Combustion

Auteur: Patricia Cornwell

Titre original: Point of Origin

Traducteur: Hélène Narbonne

Edition: Calmann-Lévy

Genre: Policier, Thriller

Date de parution: 1998

Résumé : Un tueur machiavélique, qui se sert du feu pour couvrir la trace de ses crimes : aux yeux de Kay Scarpetta, cela pourrait n'être qu'une enquête de plus. Mais elle acquiert la conviction que son ennemie mortelle, Carrie Grethen, évadée de sa prison new-yorkaise, est mêlée à ces meurtres. Lorsque Carrie prend pour cible sa nièce, Lucy, l'enquête revêt une dimension personnelle, et la tragédie la rattrape...



Neuvième tome de la série des « Scarpetta », Combustion apparaît comme avoir à offrir une histoire bien alléchante : quoi de plus attrayants que des meurtres cachés auxquels vient s’ajouter une vieille ennemie ? Cela semble promettre de l’action et une atmosphère oppressante. Pourtant ce n’est pas tout à fait le cas, et on peut ressortir de cette lecture un peu frustré, même si notre attente de suspense reste toute fois comblée.

Cela tient en premier lieu du style de l’écriture : en se servant de la première personne du singulier, Cornwell expose l’histoire à la trame des pensées et des émotions de son héroïne.  Le point positif de cette utilisation, c’est que le lecteur est au même niveau que Scarpetta, sans plus de connaissances sur le tueur ou ses intentions. Cela confère une dimension légèrement angoissante avec à tout moment cette idée de sursis qu’installe la menace invisible de Carrie.

Cependant, ce « je » omniprésent finit par lasser au fur et à mesure que l’on peut avancer dans la lecture, car à trop être focalisé sur les pensées et ressentis d’un personnage, on perd de vue le point essentiel d’un livre policier : l’enquête qui mène au tueur. Ici, tout se joue au niveau psychologique et repose essentiellement sur la menace fantôme de Carrie. Ce personnage, développé dans des précédentes histoires, apparaît comme intéressant, car retors, machiavélique et surtout très intelligent. Malgré ce portrait attrayant, le personnage de Carrie restera jusqu’au bout dans l’ombre : cette Némésis si dangereuse n’apparaît pas une seule fois physiquement dans le livre, concluant une tant attendue confrontation par une scène plutôt expéditive, lourde de frustration.

Une autre déception vient du personnage de Lucy, cette nièce menacée qui semble sous exploitée. Elle semble d’ailleurs ne servir qu’à angoisser plus Scarpetta plutôt qu’avoir un vrai rôle constructif.


En résumé, je dirais que ce livre est assez inégal. Le trop plein de psychologie au détriment de l’enquête et des meurtres donnent parfois une impression de lourdeur, de longueur au récit. L’attente d’un point culminant et décisif n’étant pas réellement comblée, on peut se demander quelle était l’utilité de reprendre le personnage de Carrie. Il en résulte malgré tout quelques passages sympathiques, qui nous poussent à continuer la lecture.

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