24 janv. 2013

Hitchcock

Film américain

Date de sortie: 2012

Réalisé par: Sacha Gervasi

Avec: Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansson, Jessica Biel etc...

Durée: 1h38

Genre: Biopic

Synopsis : Alfred Hitchcock, réalisateur reconnu et admiré, surnommé « le maître du suspense », est arrivé au sommet de sa carrière. A la recherche d’un nouveau projet risqué et différent, il s’intéresse à l’histoire d’un tueur en série. Mais tous, producteurs, censure, amis, tentent de le décourager. Habituée aux obsessions de son mari et à son goût immodéré pour les actrices blondes, Alma, sa fidèle collaboratrice et épouse, accepte de le soutenir au risque de tout perdre. Ensemble, ils mettent tout en œuvre pour achever le film le plus célèbre et le plus controversé du réalisateur : PSYCHOSE.



Pour son premier long métrage de fiction, Sacha Gervasi (Anvil : The Story of Anvil, scénariste de The Terminal) met en scène le scénario de John J. McLaughlin qui s’inspire du livre Alfred Hitchcock and the making of Psycho, de Stephen Rebello. Même si ce biopic est loin d’être commun, puisqu’il ne s’attarde que sur une partie de la vie du maître du suspense, il n’en reste pas moins que cela reste un exercice difficile. Et avec Hitchcock, on se rend très vite compte que n’est pas réalisateur de génie qui veut.

Alors que le résumé nous prépare à assister à la création du premier slasher, la réalité du film est tout autre et nous présente une histoire sur un couple en difficulté.

Le film commence pourtant bien : on remarque avec plaisir un excellent clin d’œil à la série Alfred Hitchcock présente, nous laissant présager un bon moment à passer. On a ensuite droit à la genèse de Psycho, mais revisitée rapidement, trop rapidement car on se focalise bien vite sur la vie matrimoniale du couple Hitch/Alma, et plus précisément sur Alma. Cette dernière, qui semble fatiguée de l’obsession de son mari pour les blondes, se détache pour s’attaquer à un sujet sans rapport avec Hitchcock. Et voilà que le mari se transforme en homme jaloux, qui compense se délaissement par la boisson et la nourriture. Nous voilà donc en plein téléfilm du dimanche, suivant les déboires amoureux d’un homme et de sa femme, tout cela ponctué par des scènes tendant à montrer l’avancement de la réalisation de Psycho. Cela donne un résultat mou, fade, sans saveur, et ce malgré les bonnes prestations des acteurs.

Car le problème réside bien dans le scénario. Alors qu’il y a pourtant matière à sujet, tous les points intéressants concernant le réalisateur et son film sont tout simplement survolés. Il est bien connu qu’’Hitchcock avait une part sombre : ce côté obscur est mentionné dans le film, à travers des visions qu’il a sur Ed Gein, ce célèbre tueur en série qui a inspiré Norman Bates. Cela ajoute une touche psychopathe au réalisateur, sans pour autant que cela soit exploité plus profondément.

Sa relation controversée avec ses acteurs/rices est elle aussi à peine évoquée, comme le démontre la scène ou Vera Miles mentionne cet état de fait à Janet Leigh. Le but de la scène ne semble être un prétexte que pour montrer la célèbre ombre du réalisateur, sans plus.

Tout comme le scénario, les personnages eux-mêmes manquent de profondeur. Ce que l’on pouvait attendre de ce film, c’était justement une revisite de l’homme Hitchcock, cet homme mystérieux : mais ce que Gervasi nous offre n’est qu’une esquisse du réalisateur à travers ses manières et expressions. Soulignons ici l’excellente interprétation d’Anthony Hopkins, qui a su revêtir les habits du maître. Aidé par des prothèses pour le physique, il n’en reste pas moins qu’Hopkins parvient à être convaincant à travers l’accent so Bristish, cette allure hitchcockienne et les différentes mimiques. Mais malgré toute la bonne volonté de l’acteur pour rendre crédible son personnage, il manque une certaine profondeur inexistante dans le scénario. On pourra faire la même remarque à tous les autres personnages, à l’exception peut être d’Helen Mirren, qui parvient à rendre plus vivant son personnage.

Mais à travers ce portrait dressé de ces deux personnages haut en couleur, c’est l’importance de la femme derrière l’homme qui est mis en lumière, et c’est ce que l’on pourrait reprocher à Gervasi : donner autant de place à Alma. Loin de remettre en doute son importance dans la réalisation des films, Gervasi donne ici l’impression qu’Hitchcock n’est capable de rien sans l’aide de sa femme : il en résulte un personnage apathique, qui ne semble même plus s’intéresser au plus grand projet de sa carrière. On a l’image d’une coquille vide, sans idées ni envie, ce qui pour moi reste exagéré.

On soulignera également l’absence de Patricia, la fille du couple, qui a pourtant participé au projet, ayant même un petit rôle dans Psycho.

Hitchcock n’apporte donc rien de nouveau de ce que l’on pouvait connaître du maître du suspense. Loin de prendre des risques, Gervasi se contente de servir du réchauffé, sans éveiller l’intérêt du spectateur. Les points positifs que l’on retiendra malgré tout sont ces clins d’œil au début et à la fin, l’humour noir très British ainsi que les scènes relatives à la réalisation de Psycho : entre les problèmes liés à la censure (nudité, mort par couteau, toilettes tirées etc) et les scènes cultes reprises (la douche, la découverte de la mère), on a quand même notre petite dose de curiosité assouvie.

On terminera par cette réplique intéressante :


"That, my dear, is why they call me the master of suspense.”

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