27 juil. 2013

L'assassinat du Pont-Rouge

Auteur: Charles Barbara

Editions: Magnard

Genre: Philosophique, Policier,

Date de parution: 2010 (version originale: 1855)

Résumé: Paru en 1855, L'Assassinat du Pont-Rouge est me premier roman policier français. Dans cette oeuvre, qui fait apparaître en son coeur Baudelaire et même l'un de ses poèmes - offert à son ami Chartes Barbara deux ans avant que ne paraissent Les fleurs du Mal ! -, c'est la crise spirituelle du XIXe siècle qui prend corps : la certitude de la mort de Dieu conduit te héros à la déchéance absolue. Les visionnaires du XIXe siècle - Baudelaire, Sainte-Beuve et Barbey d'Aurevilly - ont d'ailleurs su reconnaître en leur ami Charles Barbara " un de ces terribles dans le réel ". Ce roman policier au rythme haletant propose une peinture pittoresque de la Bohème parisienne et balaie tous tes horizons, de l'étude sociologique au roman d'aventures, en passant par le fantastique, la philosophie et la poésie. L'après-texte complet permettra d'approfondir l'étude d'un mouvement littéraire (le romantisme), mais aussi de plusieurs genres : le roman policier, le fantastique, la poésie. Il s'attache à mettre en pratique les formes du discours et du récit, de l'argumentation et de la mise en scène.



A travers ce roman, Charles Barbara témoigne d'une certaine époque à travers son analyse psychologique et réaliste des personnages. D'entrée de jeu, il nous plonge dans une discussion entre deux artistes bohèmes qui parlent de l'art en général. Propos quelques peu philosophiques qui rendent compte des différentes pensées de l'époque.

Mais Barbara ne se contente pas de nous décrire ses contemporains, il touche à tout et tous les genres pour livrer une oeuvre pluridimensionnelle, qui passe du réalisme au fantastique, en apportant une touche de religion agrémentée par des propos philosophiques. Il est par contre plus difficile de retrouver la trace du roman policier tant on est loin d'une vraie enquête avec le suspense qui va avec. En effet, aucune surprise n'est à attendre du titre, qui révèle l'atroce vérité d'une mort considérée au départ comme un suicide. Le texte lui-même désigne parfaitement l'assassin sans avoir pour autant besoin de ses aveux.

Ce qui est réellement au centre du récit n'est autre que le propos philosophico-religieux auquel s'attache le fantastique qui survient par la suite. On pourra déplorer des propos bien trop moralisateurs, qui paraissent parfois limités tant l'auteur semble vouloir démontrer que sans la foi, on est condamnés à devenir des démons, car toute trace de morale disparaît alors chez nous. L'intrusion du fantastique vient alors illustrer cet avis religieux, jouant sur le jeu des visages si importants à cette époque, et démontrant par là-même que Dieu est partout et punit les pêcheurs et athées, sans aucune possibilité de pardon.

Le récit tourne donc autour de ses propos, en imposant deux visions, décrivant avec force les sentiments de chacun. Si cette oeuvre est intéressante à lire pour son point de vue et sa vision de l'époque, il est difficile par contre de s'attacher aux personnages tant ils semblent distants du lecteur. De plus, l'écriture de Barbara se contente d'être linéaire, presque académique tant elle s'éloigne d'un quelconque suspense pour en rester à une pure démonstration des faits et paroles.


Loin d'un récit policier, L'assassinat du Pont Rouge se laisse malgré tout lire facilement.

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