1 août 2016

Les Courants Fourbes du Lac Tai

Auteur: Qiu Xialong

Titre original:  Don't Cry, Tai Lake

Edition: Points

Genre: Policier

Date de parution: 2011

Résumé: Eteindre son téléphone portable.
Flâner en touriste. Voilà à quoi rêve l'inspecteur principal Chen. La semaine de vacances que lui offre le Parti dans une luxueuse résidence au bord du lac Tai arrive à point nommé. Mais ce décor de rêve cache une triste réalité. Les eaux du lac, autrefois renommées pour leur pureté, sont désormais recouvertes d'une algue fétide car les usines de la région y déversent leurs déchets toxiques. Et lorsque le directeur de la plus importante d'entre elles est assassiné, tous les regards se tournent vers les leaders de la cause écologique - une problématique toute neuve dans la Chine d'après Mao où la pollution tue chaque année des centaines de milliers de personnes.




Pour ma première incursion dans la littérature chinoise je suis restée dans mon domaine de prédilection, c’est-à-dire le genre policier. Sans savoir réellement ce qui m’attendait,  j’escomptais quand même tomber sur une bonne enquête policière. Hors force a été de constater que cela n’a pas été le cas et je suis ressortie de cette lecture plutôt mitigée.

L’histoire suit l’inspecteur Chen en vacances dans une ville au bord du lac Tai. Lors de son séjour, il fait la connaissance d’une ravissante jeune fille qui se retrouve mêlée malgré elle au meurtre de son chef. On l’aura compris, si Chen commence à enquêter, ce n’est pas vraiment par acquis de conscience, mais bien pour aider cette fille qui lui a fait tourner la tête. Cependant, le meurtre ne semble n’être qu’un  prétexte à l’auteur pour dénoncer les problèmes environnementaux dont souffre la Chine. Depuis son ouverture au monde, ce pays subit la course au capitalisme et se voit ainsi tout faire pour être au niveau de la concurrence, et ce au détriment de certaines choses. La pollution est par conséquent un thème important qui prend le pas sur le meurtre.

L’auteur s’est inspiré de l’affaire du lac Tai, qui aura fait grand bruit en Chine aux alentours de l’année 2007, avec l’apparition des algues vertes. Si le gouvernement chinois avait du intervenir à l’époque, le récit semble ici se situer quelques temps avant le scandale. En effet, à travers les dialogues on sent l’importance de parvenir au but, les machineries d’un gouvernement qui tient à l’œil tout ce qui se passe et n’hésite pas à accuser un homme de meurtre sous prétexte qu’il est militant écolo et dérangeant. Cette empreinte de dictature est donc bien présente : surveillance, contrôles, on se sent mal à l’aise en découvrant cet univers.

On découvre donc les déconvenues d'un pays qui a du mal à faire face aux changements trop rapides qui surviennent. En cela, ce titre est intéressant, car on apprend des choses. Mais au niveau policier, le point qui m’avait attiré vers ce roman, c’est le calme plat. Le récit ne possède aucun suspense ; les révélations assenées par Chen à la fin ne sont en aucune façon surprenantes puisque tout se devine dès les premiers instants de l’enquête. Aucune tension, aucune surprise ne viennent fleurir la lecture. Tout est lisse et trop convenu.

Les personnages semblent manquer de profondeur, à l’exception peut être de Chen, qui reste malgré tout assez peu attrayant.

La plume de l'auteur est agréable, et les nombreuses références poétiques l'accompagnent parfaitement. Malheureusement trop de poésie dans un policier me laisse plutôt sur ma faim.
En somme, ce roman reste agréable pour les thèmes traités mais reste un quelque peu décevant d'un point de vue enquête.



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