23 oct. 2016

Séquestrée

Auteur: Chevy Stevens

Titre original:  Still Missing

Edition: St Martin's Press

Genre: Thriller

Date de parution: 2010


Résumé: Ce dimanche-là, Annie, agent immobilier de 32 ans, avait prévu de vendre une maison grâce à une journée portes ouvertes. Mais son dernier client, un homme qui prétend s'appeler David, la fait monter de force dans sa camionnette. Annie vient d'être enlevée. Son ravisseur l'emmène au cœur de la forêt et l'emprisonne dans une cabane. Son calvaire va commencer...





La première fois que je suis tombée sur le résumé de ce roman, il m’a donné envie de le découvrir. Un enlèvement, une séquestration, une héroïne qui va vivre un calvaire… tous les ingrédients semblaient réunis pour me plaire. Et puis je suis tombée sur un second résumé qui m’a fait comprendre qu’Annie s’en sortait, qu’il y avait plus à son enlèvement. Cette nouvelle, étrangement, m’avait un peu refroidie et j’avais donc relégué le roman au fond de ma bibliothèque. Il a donc fallu attendre un challenge (challenge Halloween, créé par x-Key sur BookNode) pour que je le sorte enfin.  Et je dois admettre que c’est avec plaisir que j’ai dévoré ce roman.

Comme précisé dans le résumé, on suit Annie, une jeune femme qui voit sa vie basculer le jour où un homme décide de la kidnapper. La première question que nous nous posons est la même qu’Annie : pourquoi elle ? Elle semble avoir une vie banale, entre son métier, son petit-ami et son chien. Pourtant, en découvrant le monstre qui l’a enlevée, Annie s’aperçoit qu’il la connaît très bien, trop bien même pour que tout ça ne soit que le fruit d’un hasard malchanceux. Ses questions restent en suspense pendant un long moment puisque commence pour elle un calvaire inimaginable qui va durer un an et qu’elle finit par nous livrer à travers ses séances avec son psy.

Dès les premières pages la narration interpelle. Certes, l’utilisation de la première personne du singulier n’est pas banale, et nombreux sont les romans qui adoptent ce style puisqu’il permet une plus grande proximité avec le personnage principal. Mais ici Chevy Stevens le détourne pour nous plonger dans une sorte de grand monologue dans lequel Annie décrit son histoire à son psy, psy qui n’a pourtant jamais la parole. Ce choix détonne et donne l’impression visuel d’une Annie assise sur un fauteuil et s’adressant à nous, lecteurs, qui prenons alors la place de la psy. Autre point qui surprend dès le début n’est autre que le ton qu’emploie la jeune femme pour parler. Direct, sec, limite méchant, elle veut aller droit au but sans aucune interruption, impose ses règles et nous montre une personne qui semble peu sympathique. Il est alors difficile de se sentir proche d’elle, mais pourtant ce ton est adéquat et un lien se crée petit à petit entre elle et nous, au fur et à mesure qu’elle avance dans son récit.

Ce dernier paraît d’ailleurs décousu ; de par le fait que chaque chapitre correspond à une session avec la psy, son histoire se découpe en plusieurs moments. Le tout reste linéaire, mais avec des ellipses qui nous font quand même nous poser des questions sur son quotidien dans la cabane. Evidemment certains moments sont décrits dans les plus grands détails, notamment les premiers jours, les premières violences et viols, mais tout ça ne parvient pas à instaurer une vraie ambiance glauque. On ressent pourtant un malaise au vu des descriptions, mais l’atmosphère n’en ressort ni sombre ou lugubre. L’effet de cloisonnement, d’enfermement et de solitude n’atteint pas réellement le lecteur.
Malgré ce système de découpage, deux parties se distinguent dans l’histoire : une première dans la cabane, la seconde le retour à une vie. Une vie, car pour Annie rien n’est plus pareil. Ici on découvre l’après : comment faire pour reconstruire quelque chose quand on a vécu dans la terreur pendant une année ? Cette partie est intéressante puisqu’elle nous fait voir une réaction inconnue pour nous, déstabilisante même. Il est difficile d’imaginer ce que peut ressentir une victime, et l’auteure réussit son pari. Annie se dévoile, et ce que l’on découvre est terrible : son calvaire ne s’est pas arrêté à sa fuite. Bien au contraire, et malheureusement, elle agit toujours sous le joug de son bourreau à travers les rituels qu’il a mis en place. On assiste alors à la difficulté de se libérer psychologiquement de cette emprise.

Le récit ne se contente pas de vouloir décrire le vécu d’une victime. Chevy Stevens pousse son récit plus loin, en apportant une touche peut être pas nécessaire à l’histoire. La fin réserve donc une surprise étonnante qui va pousser Annie à vraiment s’en sortir.

La psychologie est un point important du livre. Annie est bien présentée ; ses difficultés à faire confiance, à tenter de se remettre sont bien rendues, et on perçoit un changement chez elle qui montre que l’auteure a pris soin de développer son personnage principal. Pour les autres, ils restent pour la plupart de simples copies de ce qu’on peut rencontrer dans le genre. Il manque une certaine profondeur au monstre qui est dommage. Le connaître aurait apporté une autre dimension au récit. En ce qui concerne l’entourage d’Annie, sa mère est un peu bancale : on sent son côté égoïste mais il aurait pu être plus acerbe.


Au final, Chevy Stevens nous offre un bon roman qui nous pousse à nous poser des questions sur l’après. Malgré quelques défauts et un manque réel d’ambiance on est pris dans le récit et on veut connaître la fin. 

4 commentaires:

  1. Ah ce titre a rejoint ma PAL il y a peu et je pense que je ne vais pas tarder à le lire :)

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  2. Je trouve vraiment ta chronique pertinente et bien détaillée!
    Je n'ai toujours pas lu d'autre Chevy Stevens pour me faire une idée plus poussée mais j'aimerais bien voir si on est toujours dans un thème abordé de façon "nouvelle" comme cet aspect qui t'a plu ici.
    Bisous.

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    1. Merci!
      J'ai eu un peu de mal à écrire tout ce que je voulais, mais je suis contente qu'elle fasse mouche.
      Je suis comme toi, je n'ai encore rien lu d'autres d'elle, mais je réfléchis à un prochain achat.
      Bisous

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