21 juin 2012

The Woman in Black

Film américain

Date de sortie: 2012

Réalisé par: James Watkins

Avec: Daniel Radcliffe, Ciaran Hinds, Janet McTeer...

Durée: 1h35

Genre: Drame / Horreur

Titre français: La Dame en Noir

Synopsis: Arthur Kipps, jeune notaire à Londres, est obligé de se rendre dans le petit village perdu de Crythin Gifford pour régler la succession d’une cliente récemment décédée. Dans l’impressionnant manoir de la défunte, il ne va pas tarder à découvrir d’étranges signes qui semblent renvoyer à de très sombres secrets. Face au passé enfoui des villageois, face à la mystérieuse femme en noir qui hante les lieux et s’approche chaque jour davantage, Arthur va basculer dans le plus épouvantable des cauchemars…



Avec ce film d’horreur, la Hammer signe son retour sur les grands écrans et dans le monde de la production. Pour se faire, elle a choisit un film à l’ambiance bien gothique, qui ne serait pas sans rappeler les Draculas ou Frankestein de son âge d’or.

La Dame en Noir semble être au départ qu’un énième remake, comme il en est la mode ces dernières années. Pourtant, il n’est pas si mauvais que ça et on se surprend à suivre avec intérêt l’histoire.

On retrouve Daniel Radcliffe qui tente de nous faire oublier son rôle d’Harry Potter en endossant les habits d’un jeune notable londonien, Arthur Kipps. Malgré son jeune âge, la prestation que nous offre l’acteur est convaincante et il parvient avec justesse à nous présenter un homme  endeuillé. En effet, Kipps a perdu sa femme 4 ans auparavant alors qu’elle donnait naissance à son fils. Depuis ce jour, le jeune Kipps n’a jamais su se remettre de sa perte. Il reste par ailleurs hanté par l’esprit de sa femme, qu’il ressent comme une présence ou qu’il semble apercevoir dans ses pensées alors qu’elle est vêtue d’une robe blanche.
  
Ainsi donc, par sa nature d’homme perpétuellement endeuillé, Kipps n’a pas réussi à redresser la barre de sa vie : son fils le voit et le dessine comme un homme triste, qui ne sourit jamais. Il est également sur la sellette pour son boulot. Sa dernière chance de le garder est celle de s’occuper des affaires d’une femme récemment décédée dans le petit village de Crythin Gifford. Ce travail va chambouler la vie de Kipps, qui va découvrir le secret terrible qui se cache derrière le village. Nous spectateurs avons déjà eu un aperçu de ce drame lors de la séquence d’ouverture du film, qui nous laisse choqués et perplexe. Cette scène nous plonge direct dans l’ambiance gothique du film, grâce au décor de la chambre et au grain de l’image. Cette beauté dans la photographie est un des points forts de ce film. On retrouve une Angleterre pluvieuse (Londres, arrivée au village) et fortement brumeuse qui contribue à rendre une atmosphère oppressante. Le décor lui-même participe à cette atmosphère, notamment grâce au contraste entre l’île où se trouve le manoir et l’immensité de l’étendue qui l’entoure, rendue par un champs large. Le manoir n’est rien d’autre que l’exemple des vieilles bâtisses du 19ème siècle décrites dans des livres gothiques. Il est imposant et ses fenêtres lui confèrent une impression de danger. Que l’on soit à l’intérieur ou à l’extérieur on ressent une sorte de malaise, que ne semble pas partager le héros.
  
Ce dernier débarque donc dans le village avec pour seule ambition faire son travail du mieux possible. Il va se heurter à la froideur des habitants, qui semblent plus que contrariés d’avoir un étranger chez eux. Malgré cet accueil et le fait que l’on veut le renvoyer à Londres, il va se rendre dans ce manoir et petit à petit être le témoin d’étranges phénomènes. Le réalisateur ne cherche pas à être orignal dans sa manière de faire peur : au contraire, il joue avec toutes les ficelles de ce genre de films, entre portes qui s’ouvrent ou se ferment, musique angoissante, jeu d’ombres magnifiquement manié d’une main de maître. Même si l’on peut s’attendre à sursauter à tel moment, la surprise reste là (du moins pour ceux qui rentrent dans le film). Le scénario n’est lui par contre pas le meilleur que l’on puisse connaître. On a à faire à une banale histoire de fantôme vengeur. Mais, oui, il y a un mais, c’est que l’histoire prend une autre tournure quand ce sont les enfants qui trinquent, ce qui donne une dimension plus tragique au film. Cette dame en noir paraît réellement tarée pour s’en prendre à des innocents. Son allure particulière de femme endeuillée qui ne retrouvera jamais le repos et qui ne pardonnera jamais est assez flippante. D’abord une silhouette à peine perceptible dans le jardin du manoir, elle se rapproche petit à petit de Kipps. Le film joue très bien sur ce rapprochement, ce qui en fait un autre de ses points forts. On ne peut aussi s’empêcher de faire un rapprochement entre cette dame en noir, qui amène la mort, et la femme de Kipps, que l’on peut qualifier de dame en blanche. Alors que la seconde a amené le malheur dans la vie de Kipps (sans que ce soit son intention bien sûr) on sent que la dame en noir va être celle qui va apporter la délivrance à Kipps. Est-ce pourtant le cas ? Au vue de la fin, je vous laisse juge pour interpréter cette impression comme vous le voulez.



En conclusion, on apprécie ce film par son retour à des sources plus sursautantes : adieu les jets de sang sur lesquels surfent les nouveaux films d’horreur. On joue avec nos nerfs en se servant tout simplement du décor à portée de main. On apprécie fortement ce retour aux sources gothiques, et même si La Dame en Noir est loin d’être le film d’horreur par excellence, il vaut le détour.

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