6 mai 2014

Le Roi se Meurt

Auteur: Eugène Ionesco

Edition: Folio

Genre: Théâtre

Date de parution: 1973

Résumé: Pour expliquer le succès du Roi se meurt, on a dit que c'est un classique. Il montre l'homme ramené à sa condition fondamentale. Donc à l'angoisse devant la mort. Cet homme qui parle avec les accents du roi Lear est néanmoins notre contemporain. Il est tellement notre contemporain que son histoire - une existence qui a oublié ses limites - reflète exactement la célèbre « crise de la mort » qui secoue l'Europe de l'après-guerre. Le Roi se meurt n'est pourtant pas une pièce triste. D'abord, parce que l'humour n'y est pas absent. Ensuite, et surtout, parce que Ionesco propose les remèdes pour sortir de la crise. C'est également cela, une grande oeuvre classique une leçon de dignité devant le destin.



Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de pièces de théâtre, et il était temps d’y remédier. C’est dans le cadre du challenge ABC 2014 que j’ai choisi de découvrir pour la première fois Ionesco et son théâtre de l’absurde avec Le roi se meurt.

Entre tragédie, comédie et burlesque, nous découvrons la fin d’un roi qui n’a plus qu’une heure à vivre. Ionesco aborde ici un thème important, la mort, et le décortique à sa manière en nous présentant les différentes étapes que nous traversons face à notre fin, du refus en passant par le déni pour arriver à l’acceptation de l’inéluctable. Ionesco parvient à rendre ses différentes émotions à travers des dialogues efficaces et un échange absurde entre le roi Bérenger et les cinq personnages qui gravitent autour de lui. Plus que des seconds rôles, ces derniers représentent la raison, la morale et l’amour qui luttent chacun pour s’imposer. L’opposition entre les protagonistes est  bien amenée et reste particulièrement visible entre les deux femmes de Bérenger. Marie et Marguerite s’affrontent tout au long de la pièce, démontrant par là-même que la raison et l’amour sont en constant conflit dans une pareille situation. Alors que l’amour amène confiance et espoir et ainsi le déni du futur, la raison permet d’accepter la vérité, aussi dure fût-elle.


Si la pièce est très courte et ne comporte qu’un seul acte, elle n’en reste pas moins intéressante et profonde  par la manière avec laquelle nous somme entraînés dans cet instant fatidique. On se surprend à réfléchir sur notre rôle sur Terre et à notre mort prochaine. Le constat reste amer puisque nous revenons à l’idée que l’amour n’est pas le plus fort, que le temps passe inexorablement et que nous n’avons et n’auront jamais prise sur lui. Ionesco prouve que l’absurde n’est pas qu’un genre vide de sens mais bien un moyen différent d’aborder des sujets divers. 



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