4 juil. 2014

La Tombe des Lucioles

Auteur: Akiyuki Nosaka

Titre original: Hotaru no Haka

Edition: Philippe Picquier

Genre: Nouvelle, Contemporain

Date de parution: 1998


Résumé: L'histoire d'un frère et d'une soeur qui s'aiment et vagabondent dans l'enfer des incendies tandis que la guerre fait rage ; une histoire qui est celle que Nosaka vécut lui-même, âgé de quatorze ans, en juin 1945. Le traducteur, Patrick De Vos, décrit son écriture comme un brassage de toutes sortes de voix, de langues, la plus vulgaire comme la plus classique, où se déverse par coulées enchaînées les une aux autres le flot ininterrompu des images. " Ce sont ces images que l'illustrateur Nicolas Delort fait naître, avec un réalisme stupéfiant, elles restituent toute la profondeur dramatique de cette période, la tendresse des liens qui unissent les deux enfants, l'intensité poétique et visionnaire du texte de Nosaka.



La tombe des lucioles est un recueil de deux nouvelles traitant chacune à leur manière de la Seconde Guerre Mondiale au Japon.

Première nouvelle semi-autobiographique, La tombe des lucioles est terrifiante sous couvert de poésie. Orphelins, Seita et Setsuko sont livrés à eux-mêmes durant les bombardements de 1945 et doivent faire face à la misère et la faim qui a saisi le pays. Malgré un contexte plus que difficile, Seita tente par tous les moyens de protéger sa petite sœur des horreurs qui les entourent.
Le récit révèle ici toute sa beauté dans ce lien qui unit les deux frère et sœur. Il est difficile de ne pas être touché par cette histoire des plus poignantes qui prend sa source dans le passé même de l’auteur. A travers sa plume on découvre un Japon brisé aux habitants laissés pour compte. L’indifférence dont ils font preuve est troublante, parfois incompréhensible notamment quand il s’agit du personnage de la tante. Pourtant l’auteur décrit tout cela sans rancune ; son but n’est pas d’accabler mais bel et bien de décrire la situation. Cependant, si l’émotion est présente, elle est contrastée par un style d’écriture vraiment particulier parfois froid, hachée, jonglant entre dialogues et descriptions sans forme précise. L’histoire aurait gagné en intensité, déjà bien présente, avec un style plus poétique et plus structuré.


La seconde nouvelle, Les Algues d’Amérique, se situe après la guerre alors que le Japon est en pleine reconstruction. On suit un homme, Toshio, dont les souvenirs de la guerre refont surface alors que sa femme s’apprête à recevoir des américains. La rancœur de la défaite parcourt les pages tandis que Toshio se laisse emporter par le flot des souvenirs en même temps que son rôle d’hôte. Ce récit est plus difficile à aborder tant l’écriture semble fouillis. L’auteur alterne entre passé et présent sans aucune indication, nous perdant dans une lecture difficile, voire laborieuse. Au final cette nouvelle dégage moins d’émotions comparée à la première. 



1 commentaire:

  1. La tombe des lucioles est l'anime qui m'a fait pleurer. J'ai pourtant pas la larme facile, et j'attends toujours la lecture qui saura relever le défi. Pourquoi pas retenter l'aventure sous cette forme ?

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