10 sept. 2016

Retour à Rédemption

Auteur: Patrick Graham

Edition: Pocket

Genre: Thriller

Date de parution: 2010

Résumé: Avocat d'affaires, Peter Shepard a tout pour être heureux : la fortune, une femme belle et aimante, deux petites filles irrésistibles. Pourtant, certains jours, l'angoisse l'étreint à tel point qu'il doit aller s'asseoir sur un banc dans un parc. Toujours le même banc, toujours la même angoisse. Shepard redoute le pire : le big one, ce tremblement de terre dont tout le monde sait qu'il finira par engloutir San Fransisco.
Et le pire advient. Mais ce n'est pas la terre qui a tremblé, c'est le passé qui a ouvert une brèche sous ses pieds et l'a plongé en enfer, dévorant sa famille et le laissant avec l'obligation de se souvenir qu'il y a vingt ans, six enfants s'étaient fait une promesse dans un cachot, afin de repousser les ténèbres.
Une promesse qu'il a trahie.
Il est temps pour lui de retourner à Redemption.




Retour à Rédemption est ce genre de roman qui se laisse dévorer, dans lequel on est happé pour en ressortir un peu dérouté.

Au premier abord, ce qui m'a surprise, c'est la ressemblance entre ce récit et "Ça" de Stephen King. On retrouve l'alternance passé/présent, une bande de jeunes soudés contre une terreur commune, la recherche de ce passé oublié pour Peter. Cependant, ce roman se démarque, certes, et nous offre une histoire plaisante malgré quelques points négatifs.

Tout d'abord, le récit: ce dernier reste captivant, tout du moins, la partie dans l'enfance. Si on peut rapidement se lasser de la chasse de Peter au présent, l'auteur parvient pourtant à laisser planer le suspense jusqu'au bout sur ce qui s'est passé à Rédemption, et cette curiosité nous rend avide de tourner rapidement les pages.
En effet, ce camp de redressement est totalement ignoble, et au fur et à mesure que l'histoire avance, on découvre de plus en plus une horreur sans nom. Régi par la peur et la violence, on fait face à l’ignominie humaine dans toute sa splendeur, qui ne provient pas seulement d'adultes en quête de pouvoir sur des enfants, mais également d'enfants qui profitent du système pour diverses raisons.
Si cette partie là est la plus convaincante du récit, la partie "adulte" m'a quelque peu laissée sur ma faim. Entre les zones d'ombre sur la vie de Peter (et pourquoi est-il ainsi?), la réalité sur la mort de sa famille qui m'a déçue, les autres personnages qui ne sont que des faire-valoir, on peut se demander pourquoi le récit ne s'est pas focalisé seulement sur les enfants perdus à Rédemption.

Du côté des personnages, je n'ai pas réussi à me sentir proche d'eux. Chacun à son propre caractère, mais au-delà de ça aucune réelle sympathie ne se dégageait d'eux, notamment Peter adulte. Il est difficile de bien le cerner, et notamment de bien le comprendre. Présenté avec une certaine peur au début du roman, qui donne l'impression d'être importante pour la suite, elle disparaît néanmoins rapidement. Son mal être semble se noyer sous la vengeance, et la fin donne l'impression que sa famille s'estompe bien rapidement de son esprit.
Quant aux enfants, on se prend de pitié pour eux, mais guère plus.

L'écriture de Patrick Graham est agréable, et il parvient à nous ancrer dans son récit sans nous faire tomber dans une lourdeur teintée de descriptions trop longues. On suit avec plaisir sa plume, qui nous entraîne vers un dénouement surprenant.

Au final, ce roman est prenant pour sa quête de vérité, et malgré des aspects négatifs, il n'en reste pas moins captivant.




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