21 mars 2013

Et il ne restera que poussière

Auteur: Patricia Cornwell

Titre original: All That Remains

Traducteur: Gilles Berton

Edition: Le Masque

Genre: Policier, Thriller

Date de parution: 1992

Résumé: En deux ans, quatre couples ont disparu dans la région de Williamsburg. On a retrouvé leurs voitures, et, plusieurs semaines après, leurs restes... Trop peu de choses en vérité pour que madame le médecin légiste, Kay Scarpetta - déjà bien connue des nombreux lecteurs de Mémoires mortes -, puisse déterminer les causes du décès. Mais, cette fois, tout va changer : l'étudiante qui circulait avec son petit ami à bord d'une Jeep Cherokee est la fille d'une des femmes les plus puissantes des Etats-Unis, numéro un de la lutte antidrogue, qui est bien décidée à remuer ciel et terre pour élucider cette disparition, entraînant Kay Scarpetta dans son sillage.



Et il ne restera que poussière est le troisième roman mettant en scène le médecin légiste Kay Scarpetta, personnage créé par Patricia Cornwell.

L’auteur nous montre encore une fois qu’elle parvient à trouver des idées originales qui emportent le lecteur dans la folie meurtrière d’un tueur dont l’identité n’est découverte qu’à la toute fin.

Comme pour sa première œuvre, Cornwell développe une histoire autour d’un tueur en série. Cela fait deux ans qu’il sévit dans la région de Richmond, s’en prenant à des couples dont les corps ne sont retrouvés que plusieurs mois après leur disparition, dans des forêts. L’état de grande décomposition des corps ne laisse à chaque fois que des os, ce qui rend impossible d’identifier la cause de la mort. C’est une énigme de taille pour Scarpetta et les agences de polices et du FBI qui sont tenus en échec depuis tout ce temps. Et voilà qu’un 5ème couple disparaît. La donne change car la fille n’est autre que celle de Pat Harvey, la directrice du programme national de lutte contre la drogue, pressentie pour le poste de vice-présidente. La pression monte d’un cran et sera le vecteur principal de l’ambiance du livre, accompagnant les personnages dans une paranoïa grandissante.

On retrouve le même schéma narratif perçu déjà dans Mémoires Mortes et Postmortem : un début qui plonge le lecteur directement dans l’action, une intrigue qui finit par stagner, ponctuée par de nombreuses pistes inutiles et des gens qui en veulent à Scarpetta, pour finir par une fin précipitée et bâclée. Néanmoins, l’avancée de l’intrigue diffère des fois précédentes, et on apprécie un peu plus le déroulement qui démontre avec efficacité différents points réels. On retrouve par exemple ces problèmes de communication entre les différents services, la pression mise sur Scarpetta pour qu’elle retarde la conclusion de ses résultats mais également la folie journalistique lancée sur Pat Harvey et sa famille. L’importance de la notoriété de ce personnage occulte les autres disparus, rendant futiles leurs morts comme si seule celle de la jeune Harvey avait de l’importance. Les journalistes ressemblent plus à des vautours cherchant le scoop de l’année, se moquant du mal qu’ils peuvent engendrer.

La direction que prend l’enquête est intéressante au départ, avec cette idée sous-jacente de chasse (qui m’a fait penser au Silence des Agneaux) mais comme auparavant, Cornwell préfère se lancer sur une autre piste, ce qui fait affaiblit grandement la fin. Il est regrettable de voir que ce sont le hasard et l’intuition de Scarpetta qui la conduisent à la découverte du tueur, et que tous les indices techniques si souvent mis en avant dans ses livres n’aident aucunement à la résolution de l’enquête. De plus, on suppose encore une fois des intentions du tueur et le fait de ne pas connaître sa façon réelle de choisir ses victimes (à part le fait que ce soit des couples) et de les aborder m’a fait rester sur ma faim.

Quant aux personnages, ils n’ont pas plus évolués qu’au départ et restent stéréotypés. On s’habitue à l’inutilité du profiler Wesley, à la rudesse de Marino mais ça n’en reste pas moins frustrant. Il est dur de s’attacher à eux, encore plus à Scarpetta qui est énervante entre ses crises existentielles et sa perpétuelle colère.


Malgré des personnages peu attachants, ce troisième volet de la série Scarpetta propose une histoire intéressante, mieux menée montrant une Cornwell plus à l’aise dans l’écriture. Pourtant les points négatifs déjà vu auparavant sont hélas récurrents et le manque d’évolution chez ses personnages trop clichés empêchent l’histoire d’être meilleure.

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