13 janv. 2012

Vampires, vous avez dit vampires?

Film américain

Date de sortie: 1985

Réalisé par: Tom Holland

Avec: Chris Sarandon, William Ragsdale, Amanda Bearse, Roddy McDowall...

Durée: 1h40

Genre: Fantastique, Comédie horrifique

Titre original: Fright Night

Synopsis: Charlie Brewster est un adolescent sans histoire. Il partage sa vie entre sa mère, sa petite amie, ses copains et ses séries préférées à la television sur les films d'horreur de série B. Tout va être bouleversé lorsqu'il va découvrir que son nouveau et séduisant voisin est un monsieur qui a les dents longues. Qui va croire Charlie en 1986?




Après avoir vu Fright Night avec Farell, il me fallait voir sa version d'origine plus connue en France sous le titre de Vampire vous avez dit vampire?. L'histoire de base et les personnages sont les mêmes, tout en étant différents. En même temps, cela n'aurait servit à rien de reproduire trait pour trait le film d'origine, car ce qui fait la différence entre les deux, c'est la réalisation, la touche personnelle du réalisateur, avec le développement du scénario ainsi que le jeu des acteurs. Mais loin de moi l'idée de faire un article qui se baserait sur ces différences, c'est pourquoi on oublit le remake vu en premier (je sais je marche souvent à l'envers) et on se focalise sur ce film là.


Pour sa première fois derrière la caméra, Tom Holland propose de revisiter le mythe du vampire en le contextualisant. Ce qu'il réalise est un pur produit des années 80, entre la série B et le teen movie.

L'histoire commence une une nuit seulement éclairée par la lune, conférant un aspect bleuté aux maisons filmées. La caméra suit le son produit par des voix-off et nous emmène dans la chambre d'un adolescent. Les voix entendues proviennent de la télé qui diffuse une émission de Peter Vincent, le célèbre chasseur de vampires. On peut noter la référence aux films de la Hammer, qui ont sans doute marqué la jeunesse de Holland. On délaisse le petit écran et on dérive vers les personnages: Charlie et sa petite amie Amy, occupés à batifoler. Le dialogue entre les deux est bien mené, nous brossant rapidement le portrait des deux jeunes, tout en instaurant déjà une pointe d'humour noir. Ainsi on apprend que Charlie est un mordu de l'émission de Vincent Price, et de l'univers qui l'entoure. En couple depuis un an avec Amy, il en a marre d'attendre qu'elle veuille bien faire l'amour avec lui. Toujours pressé ces petits ados aussi. Et voilà qu'Amy, contre attente lui répond qu'elle est enfin prête. C'est pas comme si deux secondes auparavant elle le rejetait, lui disant qu'elle avait besoin de temps pour se sentir prête. Bref, alors que son rêve est sur le point de se réaliser, Holland casse tout avec un revirement de situation cocasse. L'ado qui voulait tant coucher se trouve d'un coup beaucoup plus concentré sur ce qui se passe dans le jardin d'en face. Il faut dire que voir deux types amener un cercueil dans une maison abandonnée, en passant par la cave, c'est pas banal du tout.

L'humour noir va plus loin puisqu'Amy, poussée à bout, décide de partir. Charlie s'en contrefiche comme de sa première chaussette, et préfère observer la maison d'en face plutôt que de raccompagner son amie. Lui, il va pouvoir oublier sa folle nuit d'amour. Intrigué par son nouveau voisin, Charlie va tenter de mener sa petite enquête. Il va rencontrer une jeune femme rapidement, femme qu'il reconnaîtra plus tard à la télé quand on annoncera sa mort. Il n'en faut pas plus pour que l'ado soit convaincue d'avoir à faire à un vampire. Malheureusement pour lui, ou plutôt à cause de sa stupidité, il fera comprendre au gardien du voisin/vampire (un Igor moderne sans bosse et charmant) qu'il a deviné la vraie nature de son maître... tout cela devant un policier qui va le prendre pour un fou. En même temps, il y a de quoi vu l'hystérie de Charlie. C'est ainsi qu'il va se retrouver sur la liste de Jerry. Il faut bien noter que Jerry est un vampire charmant, qui a de la classe et qui aime les femmes. Le plus étrange c'est qu'il ne tuera pas la maman de Charlie, préférant sans prendre au rejeton. A sa place je ne me serais pas privé de tout ce sang, mais bon. Par miracle (intervention maternelle inconsciente), Charlie est sauvé de sa première attaque, de justesse.

Ainsi donc commence la bataille pour survivre et se débarrasser d'un grand méchant monstre. Charlie est seul contre tous: ses amis le prennent pour un fou, tout comme Peter Vincent. Jusqu'à une scène assez intéressante: en effet, Holland use une nouvelle fois d'un humour bien noir afin de montrer la crédulité et la bêtise de ses personnages, tout en incluant tout ce qui fait le mythe du vampire. Voulant prouver à Charlie qu'il se leurre, Vincent contacte Jerry et lui demande de jouer la comédie tandis qu'il pratiquera une sorte d'exorcisme. Bien entendu, sous de faux prétextes, Jerry le convainc de ne pas amener de croix, ni d'eau bénite, ni d'ail. Bref tout ce qui fait reculer un vampire. Pourtant un détail va tout contrecarrer, et c'est celui du miroir et du non reflet des vampires. Par accident, Vincent va découvrir que Jerry ne se reflète pas dans les miroirs. On devine son état choqué et apeuré. Que faire? Lui qui ne croyait pas aux vampires, le voilà confronté à la réalité. Mais tout ceci n'est pas de son âge et ne le concerne pas: il vaut mieux faire la sourde oreille.

Tandis que Vincent se morfond de son côté, nos trois héros (Charlie, Amy et le copain abruti qui rigole pour rien et à qui on a franchement envie de donner des tartes) rentrent chez eux, la nuit, dans des ruelles sombres et brumeuses. Et c'est le drame. L'abruti va se faire bouffer, les amoureux poursuivre jusqu'à une discothèque, ce qui va nous offrir une scène mythique. En fond de synthé 80, on découvre une salle éclairée par une lumière bleue, nous replongeant dans le passé. Et les yeux piquent un peu. Jerry va retrouver ses proies dans cet endroit et s'amuser un peu avec Amy, dansant langoureusement contre elle, la draguant ouvertement. Comment résister au charme de ce vampire? Impossible. (Ah j'ai oublié de préciser que ce n'est pas lui la boule à facette, parce qu'on sait tous qu'un vrai vampire ne brille pas à la lumière). Donc Amy suit ce bellâtre sans opposer de résistance, conduisant le film vers sa fin. L'abruti qu'on croyait digéré est devenu vampire et a décidé de faire de Vincent son casse croûte. Il va même aller jusqu'à se transformer en loup-garou. Alors là il faut m'expliquer: depuis quand un vampire est-il lycanthrope? On passera sur le maquillage bien fade à côté de la prestation des maquilleurs et techniciens d'effets spéciaux sur Hurlements (1980) de Joe Dante. Peter s'en sort, et c'est l'heure de la bataille finale. Seul hic, ils doivent tuer Jerry avant le lever du jour où sinon Amy, qui a été transformée, restera vampire à jamais. Cette scène est assez intéressante, les effets spéciaux ici sont pas mal, tout comme la prestation des acteurs. C'est un beau final qui nous attend. 

Bref, ce film est sympathique comme tout, surtout le mélange humour noir et horreur qui nous ancre bien dans un teen movie. Le problème, c'est que ce film appartient pour de bon aux années 80. Si on ne l'a pas vu à sa sortie, ou étant jeune, le choc entre les décennies risque d'être grand. Ce trop plein de bleu m'a gêné, mais la musique, même si très synthé, accroche bien au thème de ce film.


Je le conseille car on rigole pas mal, et surtout il explique parfaitement ce qu'est un vrai vampire, et quelles sont les techniques à utiliser si on en rencontre un un jour. Mais n'oubliez pas: vous devez croire pour pouvoir le tuer!

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