6 janv. 2012

Drive

Film américain

Date de sortie: 2011

Réalisé par: Nicolas Winding Refn

Avec: Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Albert Brooks...

Durée: 1h40

Genre: Action / Thriller

Synopsis: Un cascadeur tranquille et anonyme se métamorphose dès que la nuit tombe : il devient pilote de voitures pour le compte de la mafia. La combine est bien rodée jusqu'au jour où l'un des casses tourne mal et l'entraîne dans une course-poursuite infernale. Il veut se venger de ceux qui l'ont trahi.




L’histoire de Drive est simple, déjà vue des centaines de fois au cinéma : un héros solitaire va s’éprendre d’une femme, et pour la sauver elle et sa famille, il se transforme en justicier et s’attaque aux méchants de l’histoire. Pourtant, Drive dégage quelque chose de plus, qui positionne le film entre  un film pour grand public et un film indépendant.

Drive se démarque de ces autres thrillers par l’approche qu’en fait le réalisateur Refn. Comme le démontre une scène d’introduction stylée et superbe, c’est sur l’esthétique que le réalisateur se focalise, plus que sur l’intrigue, même si cette dernière n’en est pas pour autant délaissée. Lors de cette scène on découvre un héros peu bavard, chauffeur de cambrioleurs qui parvient en cinq minutes à déjouer les forces de police en mettant à profit ses talents de conducteurs. Le lyrisme est déjà présent dans cette simple scène : le silence contre balance la tension que la course poursuite procure, tout cela avec une réalisation épurée de Los Angeles la nuit. On s’attend donc à un film de course poursuite, et pourtant ce n’est pas le cas. Le film prend une direction différente, nous montrant un héros qui rappelle Léon dans sa solitude et son faible bavardage, mais qui s’en éloigne en même temps. Ce conducteur n’a pas de nom, comme pour rappeler le fait que les chauffeurs ayant le plus souvent qu’un second rôle, se fondent dans le paysage. Ce point de vue est rappelé dans une scène où il porte un masque de cinéma, comme pour rappeler qu’il ne fait que jouer un rôle. Il est cascadeur le jour, chauffeur la nuit: un héros qui possède deux côtés. Il a pour seul ami un garagiste boiteux, incarné par l’excellent Bryan Cranston (Malcolm, Breaking Bad) qui travaille pour la pègre. Mais il a également une jolie voisine, dont il va tomber amoureux. Sauf qu’elle est mariée et que son mari va vite sortir de prison. Ce dernier est loin des clichés des anciens tolards, qui battrait sa femme ou serait alcoolique. Bien au contraire, il n’aspire qu’à la tranquillité, à un nouveau départ. Malheureusement, rien ne va se dérouler comme prévu. Ce milieu est dangereux et il est rare que les patrons de la pègre vous laissent vous en sortir. Le film tourne alors vers le drame sans tomber dans le larmoyant. La tension va monter petit à petit quand le héros décide de se venger.

Tout comme pour sa scène d’introduction, Refn s’est concentré sur les images, ne laissant qu’une petite place pour les dialogues. Malgré cela, les paroles prononcées sont choisis avec justesse, et le jeu des acteurs est sans fausse note. C’est malgré tout Ryan Gosling, le héros, qui nous éblouis par sa prestation superbe, lui qui ne parle pratiquement jamais. Il nous prouve que le jeu physique est tout aussi important que les dialogues, et parvient à montrer ses sentiments avec son faciès. Difficile de ne pas succomber à son charme froid, qui dénote presque une schizophrénie latente. Ce jeu du corps va prendre toute son importance dans une scène capitale où l’ange et le diable ne font plus qu’un.

Refn nous offre une vision violente et à la fois poétique de Los Angeles, dans une réalisation qui rappelle celle de Michael Mann dans Collateral.

Il ne faut pas oublier la bande son, qui nous fait basculer dans ce monde poétique et un peu mélancolique, aux airs rétro des années 80.

Ce film est une réussite et une vraie surprise, mais nombreux sont ceux qui ont été déçues du manque de dialogues ou du manque de courses poursuites. Pourtant Drive est une ode à la poésie en image et c’est pour cela que je le conseille fortement.


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