13 mai 2013

La voix des ténèbres

Auteur: Dean R. Koontz

Titre Original: The Voice of the Night

Traducteur: Isabel Glasberg

Editions: Pocket

Genre: Horreur / Terreur

Date de parution: 1989

Résumé: Le pacte était scellé : ils étaient « frères de sang ». Mais l'expression n'avait pas tout à fait la même signification pour Colin et pour Roy. Pour Roy, tuer c'est l'« éclate ». Mieux que les filles, mieux que le football, mieux que tout. Quoique encore adolescent, il a déjà plusieurs crimes parfaits à son actif. Mais il se sent seul. Il voudrait bien avoir un ami sûr avec qui partager sa passion. Colin ferait l'affaire, Roy lui confie son secret. Mais il refuse tout d'abord de le croire puis recule bêtement devant un meurtre pourtant sans risque. Qu'importe : Roy est obstiné et tient en réserve un argument décisif... 


Catalogué comme roman d’horreur, La Voix des Ténèbres n’offre pourtant aucun frisson, aucune terreur mais bien une certaine déception à la fin de la lecture, comme cela avait déjà été le cas pour Fièvre de Glace du même auteur.

Malgré un résumé assez sympathique, l’histoire ne décolle que rarement. Alors que Koontz dissémine quelques indices qui tendraient à faire penser que le fantastique va apparaître, il finit par rester parfaitement ancré dans le réel, préférant se focaliser sur une certaine désillusion de la jeunesse à travers les personnages des deux héros. Colin et Roy sont deux ados de 14 ans, à l’opposé total l’un de l’autre. Le premier a une personnalité effacée, solitaire, qui suit plutôt que de mener ; l’autre a un caractère fort, est manipulateur et surtout dérangé. Cependant quelque chose les rapproche : c’est la solitude qui les entoure. L’un sans ami, l’autre ayant choisi de rester seul, des parents absents pour les deux. Cela se traduit notamment par l’utilisation des noms pour les parents, rarement qualifiés de « papa » ou « maman », mais également par le fait que la mère de Colin soit vue comme de la chair à baiser par Roy. La figure parentale telle qu’elle devrait être n’existe plus, ce qui conduit inexorablement à des drames. Tout comme Stephen King l’a déjà fait dans nombreux de ses romans, Koontz s’attarde sur le passage de l’enfance à l’adulte, mais réussit moins bien que le maître de l’horreur.

On retient bien évidemment le caractère particulier de Roy, pour qui l’éclate est de tuer, voire pourquoi pas de violer. Un esprit dérangé dans un corps de jeune garçon. Pourtant, cette folie latente aurait pu donner quelque chose de bien plus terrible, mais l’auteur se contente de surfer sur les dialogues, ne poussant pas assez la psychologie des enfants. On se contente au final de suivre de manière trop linéaire les actes de chacun, entrecoupés par de trop nombreux dialogues qui sont parfois amenés de façon impromptue. Le récit en lui-même possède de nombreuses longueurs qui alourdissent la lecture. De temps en temps apparait une pointe de suspense, qui disparait rapidement. Quant à la fin, cette dernière est bâclée, totalement prévisible.



La Voix de Ténèbres ne révèle finalement aucune surprise et n’arrive pas réellement à porter le lecteur à sa suite. Entre horreur inexistante et thriller psychologique raté, ce roman se contente au final de reprendre le concept du gentil contre le méchant, version enfants. Le résultat est assez moyen, et si le livre se lit rapidement et facilement, il s’oublie tout aussi vite.  

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