23 mai 2013

La poupée sanglante

Auteur: Gaston Leroux

Titre Original: /

Traducteur: /

Editions: Le Serpent à Plumes

Genre: Roman, Fantastique, policier

Date de Parution: 2007 (1923 à l'origine)

Résumé: Au moment où Leroux compose La Poupée sanglante (1923), la France est encore sous le choc du procès d'Henri Landru, qui sert de déclic à la genèse du roman. Mais se contenter d'un héros devenu tueur en série par simple cupidité aurait été indigne de l'imagination de Leroux. Il a donc fait du relieur Masson l'instrument d'un grand dessein qui le dépasse: le mystère de la vie et de la mort. Leroux dépoussière les vieux mythes de Dracula et Frankenstein, les débarrasse de leurs artifices gothiques et les modernise grâce à un habillage scientifique. Benedict Masson ne proclame-t-il pas: " De nos jours le vampirisme ne peut être que scientifique...



Premier volet d'une histoire en deux livres, La Poupée Sanglante présente un récit entre réalisme et surnaturel. Reprenant ce qu’il sait faire le mieux, Gaston Leroux nous dépeint le tournant étrange dans la vie d’un simple relieur de Paris, Bénédict Masson, tellement laid qu’il en devient repoussant. Cette maigre description n’est pas sans rappeler le thème du monstre, déjà vu dans Le Fantôme de l’Opéra auquel La Poupée Sanglante emprunte son atmosphère fantastique et mystérieuse.

Si le fantastique tarde un peu à arriver, le lecteur est plongé d’entrée de jeu dans le mystère qui entoure la famille voisine de Masson. Par le biais de ce héros atypique, on découvre une situation étrange, qui conduit à un drame qui n’en est, finalement, pas réellement un. Christine, fille de ce voisin horloger, est fiancée à son cousin et scientifique Jacques Cotentin. Pourtant elle voit un autre homme à la beauté fulgurante, nommé Gabriel, et qui semble sortir d’un placard. Un soir, le couple est surpris et l’horloger bat à mort le jeune homme. Du moins c’est qui semble à Masson, qui pourtant revoit le garçon en bonne santé quelques jours plus tard. Que s’est-il réellement passé ? La curiosité du lecteur est soulevée, au même titre que celle de Masson. Mais Gaston Leroux ne s'arrête pas là et n'hésite pas à faire entrer en scène deux autres intrigues, qui relèvent l'une du policier, l'autre du fantastique. Entre la disparition de jeunes femmes qui ont travaillé pour Masson et une marquise qui prétend que son mari est un vampire, le quotidien du relieur bascule peu à peu.

En mélangeant différents genres, Leroux offre une oeuvre singulière mais réussie car le suspense est toujours présent, du début à la fin. Les personnages sont approfondis et chacun réagit selon ses émotions mais également ses croyances. On assiste à travers le récit à une dualité science/surnaturel, rationalité/croyance qui est très bien dépeinte à travers les références dont s'inspire l'auteur: Dracula ou Pygmalion, mais aussi à travers les personnages eux-mêmes : Jacques le scientifique, les villageois superstitieux etc. 



L'auteur joue également sur les genres d'écriture, passant d'un journal intime et donc d'un point de vue interne à une écriture journalistique et un point de vue général, auxquels s'entremêlent quelques poèmes. Le tout donne un rendu particulier, passant des pensées, actes et ressentis de Masson à un narrateur qui à travers son papier porte un jugement sur le relieur. La lecture n’en reste pas moins plaisante et le changement de point de vue donne une nouvelle dynamique à l’histoire qui reste assez mystérieuse, même à la fin.

Il est donc temps de lire la suite, La Machine à Assassiner.

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