6 mai 2013

L'île infernale

Auteur: Yusuke Ochiai 

Type: Seinen 

Genres: Action, Drame, Suspense, Thriller

Editions: Kumikko

Publication: Terminé => 3 tomes

Résumé: La peine de mort n’existe plus au Japon. La peine ultime qui la remplace est l’exil sur une île coupée de tout. C’est là qu’arrive Ei Mikoshiba après s’être fait intentionnellement condamné. Son but : retrouver l’assassin de sa famille, son ancien ami, Sasaki. L’île-pénitencier se révèle un véritable enfer sur terre, une jungle sans pitié où les prisonniers, livrés à eux-mêmes, ont constitué une société d’une violence inouïe dans laquelle seuls les forts peuvent survivre. Ei semble taillé pour cet environnement hostile, mais réussira-t-il à accomplir sa vengeance ?



Pour leur première publication les éditions Komikku réussissent un joli coup en présentant le seinen L’île infernale, efficace tant par sont récit que par son graphisme. Production courte avec seulement trois tomes, ce manga n’a pas la prétention d’innover mais plutôt d’offrir un divertissement pour les fans de violence, ce qu’il réussit parfaitement. Yusuko Ochiai reprend pour cela un thème déjà vu et revu et qui semble être une réflexion importante pour les japonais : la réformation du système judiciaire. La peine de mort n’existe donc plus, et les pires criminels sont expédiés à la place sur une île au loin du Japon où ils sont livrés à eux-mêmes. C’est là qu’est envoyé le héros, Ei Mikoshiba, à la suite du meurtre de cinq personnes. Ses motivations sont connues du lecteur dès le départ, ne laissant place à aucun questionnement possible : la vengeance est ce qui l’a poussé à commettre ses actes, lui permettant ainsi de se retrouver sur l’île où le tueur de sa famille a été envoyé quelques années auparavant. Si l’on peut se demander au départ si la vengeance est un moteur suffisant pour justifier des meurtres, on suit malgré tout et avec plaisir l’arrivée d’Ei dans ce nouvel enfer qu’est l’île. Car on se rend compte rapidement que l’île n’a rien de paradisiaque et que le système établi dessus ressemble étrangement à une dictature, faisant prévaloir une forme de religion mais également l’idée du plus fort supérieur aux faibles qui n’ont d’autre rôle que celui de serfs. Au-delà de ce premières découvertes c’est une horreur innommable qui est mise à jour, engendrée par l’appât du gain et du pouvoir, dévoilant à nouveau une facette plus que terrible de l’humanité.


Le récit est simple, linéaire et quelque peu prévisible, mais il est bon. Notamment grâce à son format court, qui permet d’aller à l’essentiel sans s’éterniser et se perdre dans des détails qui rendraient la lecture ennuyeuse. Le mangaka parvient habilement à jongler entre flashbacks et moment présent, ne montrant encore une fois que les scènes les plus pertinentes qui éclaircissent l’histoire. Le graphisme est lui aussi superbe : brut, anguleux, il sert à bon escient l'intrigue intense et bien rythmée, et colle parfaitement à l’atmosphère sombre du récit, rendant cette impression de violence omniprésente.


Sorte de huit clos, L'Ile infernale se veut avant tout sauvage, agressive: on est loin d'un manga psychologique. Ici, c'est le divertissement brutal qui prime, et les amateurs de ce genre devraient trouver leur compte.

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