18 mai 2013

L'hôtel hanté

Auteur: Wilkie Collins

Titre Original: The Haunted Hotel

Traducteur: Henry Dallemagne

Editions: Librairie Hachette & cie

Genre: Mystère

Date de Parution: 1878

Résumé: Au grand dam de sa famille, lord Montbarry décide de rompre ses fiançailles avec une honorable jeune fille pour épouser la sulfureuse comtesse Narona. Fuyant l'Angleterre victorienne du XIXe siècle, les jeunes époux partent s'installer dans les brumes d'un lugubre palais vénitien, où Montbarry décédera dans d'étranges circonstances. Transformé en hôtel, le palais deviendra alors le théâtre d'autres phénomènes inexpliqués...



J’ai découvert pour la première fois l’auteur Wilkie Collins, contemporain et ami de Charles Dickens, avec L’hôtel Hanté, roman qui mêle mystère et fantastique. On se retrouve plongé dans une histoire prenante qui fait naître la curiosité chez le lecteur dès le départ.

L’intrigue débute d’une manière déroutante, amenant déjà quelque peu du mystère à travers le personnage de la comtesse Narona et sa visite à un médecin. Leur conversation permet de mettre en place les bases de l’histoire et d’amener une présentation des personnages au lecteur, qui sera un peu plus abordée au club du médecin. Ainsi on découvre que la comtesse, au passé tumultueux, va épouser Lord Montbarry, précédemment fiancé à sa cousine Alice. Le nouveau couple accompagné du frère de la comtesse partent en voyage de noces en Europe, pour finir par s’établir quelques temps dans un vieux palais à Venise.

Le récit est mené de façon singulière, suivant trois personnages l’un après l’autre au fur et à mesure que l’intrigue avance, découpant ainsi l’histoire en trois parties distinctes mais linéaires. Après la présentation avec le médecin, c’est à travers le personnage d’Alice que l’on découvre les nouveaux rebondissements qui se déroulent à Venise : disparition, mort, tout cela est-il lié ou est-ce le fruit du hasard ? La dernière partie se déroule à Venise même, dans le palais transformé en hôtel, où l’on suit les pas cette fois-ci du frère du défunt Lord Montbarry.  Ce changement de perspective est intéressant, car il permet de s'attarder sur trois personnalités différentes, ainsi que d'avoir une vision différente de l'histoire à différents moments. Alors qu'au départ on a une approche extérieure des amours de la comtesse et de Lord Montbarry, on finit par se retrouver au niveau le plus intime à travers les aventures du frère, rentrant par là-même au plus près du coeur du drame.

Collins parvient à créer un suspense omniprésent, qui monte crescendo vers la fin. Il joue avec le lecteur grâce aux indices distillés au long du récit, s'amusant du mystère qui entoure les personnages: qui est la comtesse, victime ou bourreau? qui est son frère le baron? qu'est-il arrivé à Venise? Tandis qu'on approche de la fin, le fantastique fait son apparition. On oscille alors entre résolution rationnelle et surnaturelle.


Les personnages présentés sont assez bien représentatifs de l’époque victorienne, mais restent selon moi trop stéréotypés, pas assez approfondis. Cela est du en partie à cause de l’écriture qui met l’accent sur les émotions des protagonistes, laissant ainsi de côté leur psychologie. Les descriptions ont aussi la part belle, caractéristique de cette époque. Malgré une écriture qui diffère de la notre, la plume de Collins est légère et permet une lecture rapide et plaisante. On sent par ailleurs les prémices des romans policiers et à suspense à travers ce livre, qui a su révéler une intrigue très bien menée et maîtrisée.

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