24 déc. 2014

La Fortune des Rougon

Auteur: Emile Zola

Edition: Le Livre de Poche

GenreClassique

Date de parution


Résumé: Issus de la paysannerie enrichie, les Rougon portent en eux l'avidité du pouvoir et de l'argent. Une des branches de la famille, les Macquart, sera marquée par l'hérédité de l'alcoolisme, du vice et de la folie. Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 entraîne les Rougon dans la conquête de Plassans, la capitale provençale du roman. La haine de l'empereur pousse Silvère, petit-fils de la matriarche, et Miette, sa femme, dans l'insurrection républicaine. De ces passions et de ces fureurs naîtront cent personnages, et celui, aux mille visages anonymes, de la foule et de la collectivité qui préfigure le XXe siècle.





Ma curiosité m’a cette fois-ci poussée à découvrir un classique de la littérature française : La Fortune des Rougon. Premier tome de la célèbre saga familiale d’Emile Zola, ce roman nous dévoile les origines des Rougon Macquart en nous présentant les premiers membres de cette famille atypique, détestable et attirante à la fois.

Zola nous offre ici une très bonne analyse des hommes et du contexte politique de son époque, analyse qu’il poursuivra par la suite. Si l’on peut lire chaque roman indépendamment des autres, il est intéressant de débuter par celui-ci afin de mieux comprendre l’enjeu généalogique mis en place par l’auteur. En effet, la lutte fraternelle mise en avant dans le récit n’est que la conséquence du mode de vie de l’aïeule Adélaïde. De là en découle des relations complexes, mises en avant par Zola qui prend son temps pour nous dépeindre ses personnages afin que nous puissions mieux comprendre leurs caractères et leurs motivations.

Les personnages sont pour la plupart antipathiques : poussés par la cupidité et le pouvoir, ils agissent en corrélation avec leurs envies et n’hésitent jamais à user de tous les moyens possibles pour parvenir à leurs fins. Malgré leur côté détestable, on s’attache d’une certaine manière aux protagonistes les plus vils : Zola parvient à instaurer de la curiosité avec ce jeu de manigances et on suit avec un grand intérêt les manipulations qui se jouent sous nos yeux. Cependant, certains personnages sont sympathiques et touchants dans leur naïveté : le récit de Miette et Silvère représente cette innocence perdue dans un monde en plein changement et combats. Ils sont également le symbole fort de la république et d’une lutte pour la liberté.

Outre la famille, la politique a une place importante dans le récit, puisqu’elle est au centre de la bataille entre les deux frères, Pierre et Antoine. L’un bonapartiste, l’autre républicain, chacun se bat pour avoir sa place au sein de Plassans tandis que le coup d’état de 1851 par Louis-Napoléon Bonaparte se prépare à Paris. La guerre entre les deux mouvements se retrouve alors à deux échelles différentes.

Souvent qualifiée de lourde, l’écriture de Zola ne l’est pourtant pas dans ce roman. A l’exception de certains passages un peu long, les descriptions minutieuses de l’auteur permettent de mieux s’immerger dans l’histoire de Plassans et de mieux comprendre les tenants et aboutissants d’une guerre familiale et politique, allant parfois même à la poésie.


La Fortune des Rougons pose donc les bases des thèmes principaux de cette fresque familiale, tout en parvenant déjà à développer avec justesse les personnages et leurs liens ente eux et avec la politique. On découvre ou redécouvre une époque riche en rebondissements, ainsi que des personnages intriguant. 


1 commentaire:

  1. Je crois que je n'aurais plus le courage de lire du Zola, merci à mes années de lycée. Mais il faut reconnaître que cela fait partie du patrimoine livresque à connaître.

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